Avantages des variétés sauvages d'Artemisia annua

Cet article décrit les avantages de cultiver des plantes d’Artemisia annua sauvages et non sélectionnées

Une variété moléculaire d’une grande richesse

La culture de variété traditionnelle sauvage de la plante d’Artemisia annua est principalement bénéfique du fait d’une grande diversité de molécule produite par la variété. Les plantes sélectionnés perdent une grande partie de cette diversité du fait du choix de privilégié une molécule qui fait perdre le caractère d’ « usines à molécules » de l’Artemisia.

Pour survivre en l’absence de l’action humaine, les plantes sauvages d’Artemisia annua produisent naturellement un vaste éventail de composés dont des polyphénols, des flavonoïdes et des huiles essentielles, dans le but de se défendre face aux prédateurs, aux champignons ou encore contre le stress oxydatif. Ce cocktail chimique unique et complexe rend la plante plus intéressante au niveau moléculaire qu’une plante sélectionnée.

Combinaison moléculaire

Cette richesse moléculaire est produite par l’activité biologique de la plante sauvage qui produit ainsi des composés potentiellement antioxydant : qui peut aider à lutter contre le vieillissement cellulaire ; antimicrobien et antifongique : des études ont montré une forte activité contre les bactéries E.coli et contre des champignons ; mais aussi antidiabétique et digestif : l’Artemisia a été traditionnellement utilisé pour réguler le taux de sucre dans le sang et soigner les troubles digestifs. De plus, la plante contient des terpénoïdes, des coumarines et des vitamines A et E ainsi que des protéines et des minéraux (potassium, calcium, magnésium)

De nombreuses études ont suggéré que les extraits de la plante d’Artemisia annua entière résultait sur une meilleure efficacité face à l’usage de l’artémisinine pure, cet effet est appelé effet totum. En effet, des chercheurs ont constaté que la prise de feuilles séchées améliorait l’efficacité des traitements étudiés ce qui, selon cette étude, démontre que les autres molécules de la plante agissent en améliorant la biodisponibilité et l’absorption de l’artémisinine par le corps humain.

Une résistance à toute épreuve

Des études comparatives ont démontré que les plantes d’Artemisia annua sauvage résistaient souvent mieux devant des stress climatiques comme la sécheresse ou le froid. Les plantes ont donc un avantage certain pour résister face aux aléas climatiques de l’environnement. Cet état de nature de la variété permet à celle-ci d’être la candidate idéale pour une culture plus résistante et optimale qui s’adapte à de nombreuses conditions.

Adaptation locale

Pour terminer la culture de variétés locales et naturelles favorise une agriculture qui est plus proche du terroir et plus durable. Les plantes sont déjà adaptées au sol, au climat et aux maladies propres à la région. Ces variétés nécessitent dès lors moins d’arrosage et d’engrais pour croître de façon optimale et la culture ne dépend pas de semences industrielles brevetées qui proviennent souvent de souches hybrides (F1)

Le désavantage de ces variétés se trouvent dans la variabilité des rendements. En effet, l’Artemisia annua est une plante hétérozygote ce qui peut affecter, d’une plante à l’autre, sa croissance et son rendement.

Conclusion

Les variétés sauvages d’Artemisia annua possède un potentiel plus grand dans la production de principes actifs par la plante ce qui permet une synergie des molécules dans l’utilisation de la plante notamment dans la recherche médicale.

Notes &
références

  • Vashisth D, Kamboj A, Poddar N, et al. Unlocking the potential of Artemisia annua for artemisinin production: current insights and emerging strategies. 3 Biotech. 2025;15(6):148.
  • Ferreira JFS, Simon JE, Janick J. Artemisia annua: botany, horticulture, pharmacology. Horticultural Reviews. 1997;19:319-371.
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  • Czechowski T, Rinaldi MA, Famodimu MT, et al. Flavonoid Versus Artemisinin Anti-malarial Activity in Artemisia annua Whole-Leaf Extracts. Front Plant Sci. 2019;10:984.
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  • Delabays N, Simonnet X, Gaudin M. The genetics of artemisinin content in Artemisia annua L. and the breeding of high yielding cultivars. Curr Med Chem. 2001;8(15):1795-1801.
  • Elfawal MA, Towler MJ, Reich NG, Weathers PJ, Rich SM. Dried whole-plant Artemisia annua slows evolution of malaria drug resistance and overcomes resistance to artemisinin. Proc Natl Acad Sci USA. 2015;112(3):821-826.
  • Acquaviva A, Nilofar, Bouyahya A, et al. Chemical characterization of different extracts from Artemisia annua and their antioxidant, enzyme inhibitory and anti-inflammatory properties. Chem Biodivers. 2023;20(8):e202300547.

Recherche scientifique sur les vertus et les bienfaits des molécules contenues dans l’Artemisia annua

L’Artemisia annua possède un grand nombre de molécules actives qui ont connu un regain de recherche ces dernières décennies démontrant ses potentialités pour la santé humaine et le traitement de maladies.

L’Artemisia annua est une plante médicinale originaire d’Asie qui est aujourd’hui cultivée sur les cinq continents. Depuis environ cinq décennies, la plante a connu un regain d’intérêt suite à de nombreuses recherches approfondies sur ces composants actifs. En effet, l’Artemisia annua contient une variété de principes actifs qui ont démontré un potentiel thérapeutique important pour la santé humaine. Elle contient également des polyphénols et des huiles essentielles.

Les principes actifs majeures et leur composition

Le principe actif le plus connu de l’Artemisia annua est nommé artémisinine. Découverte dans les années 1970, cette molécule a fait l’objet de nombreuses recherche depuis. La plante contient également un nombre non négligeable de flavonoïdes, métabolites secondaires des plantes vasculaires, dont la lutéoline, la quercétine, la casticine, l’artémétine et bien d’autres. Ajouter à tous ces composants, l’Artemisia annua possède en outre des acides phénoliques, des polysaccharides, des saponines et de la coumarine.

Propriétés antipaludiques

L’artémisinine, la molécule majeure de la plante, est aujourd’hui utilisée dans des traitements antipaludiques recommandés par l’OMS. Ce principe actif génère des radicaux libres au contact du fer ce qui permet la destruction des parasites présents dans le sang. Par l’action combinée des flavonoïdes présents naturellement dans la plante, l’efficacité de l’artémisinine s’en voit augmentée de 50% permettant de prolonger l’action de la molécule du fait de leur longue demi-vie.

Effets anticancéreux

Des recherches récentes ont montré un effet cytotoxique de l’artémisinine sur des cellules cancéreuses spécifiques riches en fer. Ainsi des effets ont été observé sur les cancers de la prostate, du pancréas, du sein, du foie, du cerveau ou encore du colon. Comme énoncé précédemment, la présence de fer actionne la libération de radicaux libres intracellulaires qui tendent à détruire les cellules tumorales. Ces études se sont appuyés sur des expériences sur des modèles animaux ou cellulaires qui ont vu une réduction significative de la taille des tumeurs jusqu’à 50%.

Propriétés antioxydantes et protectrices

Les autres molécules contenues dans la plante, notamment les polyphénols et les flavonoïdes, sont connus pour être de puissants antioxydants. Ceux-ci contribuent à lutter contre le stress oxydatif des cellules impliqué dans le vieillissement de ces dernières. Ces antioxydants permettent également de prévenir et de lutter contre les maladies cardiovasculaires, l’ostéoporose ou encore certains cancers. La lutéoline est notamment connue pour ces propriétés anti-inflammatoires et anticancéreuses.

Autres bienfaits potentiels

Plusieurs études ont suggéré que l’Artemisia annua permettait de stimuler les défenses naturelles en renforçant la réponse immunitaire face à des infections diverses, y compris les virus émergents.

Traditionnellement, la plante a été utilisée pour ses vertus purifiantes, notamment par des fumigations, ou tonifiantes, en infusion ou en décoction.

L’Artemisia annua possède également un potentiel d’inhibition pour la croissance de certaines plantes indésirables ce qui en fait un bioherbicide naturel prometteur.

Précautions et limites

L’usage de l’Artemisia annua doit tout de même se faire avec précaution. En cas d’utilisation prolongée ou de surconsommation, il existe des risques de troubles digestifs, neurologiques (notamment pour les personnes épileptiques) et cardiaques.

La plante est déconseillée aux femmes enceintes et allaitantes.

Il peut exister des réactions allergiques ou cutanées chez les personnes sensibles.

Conclusion

L’Artemisia annua connaît une grande richesse de molécules actives qui se distingue par leur complémentarité (notamment entre l’artémisinine et les flavonoïdes). La plante possède des propriétés scientifiquement reconnues contre le paludisme, les cancers, le stress oxydatif ou pour la stimulation de l’immunité. Bien que les études sur l’homme reste à confirmer son application in vivo, la plante est très prometteuse pour la santé humaine. Son usage doit se faire de façon mesuré pour éviter les risques d’effets indésirables de préférence par un encadrement de professionnels de la santé, médecin, homéopathe, herboriste, etc.

 

Notes &
références

La culture de l’Artemisia annua sous
 serre

Cet article décrit les avantages de la culture sous serre de l’Artemisia annua.

L’Artemisia annua, une culture sous serre avantageuse

La culture sous serre de l’Artemisia annua possède plusieurs vertus qui permettent à la plante de croître dans des conditions optimales.

Ce type de culture permet tout d’abord de contrôler les conditions climatiques. La serre régule efficacement la température, l’humidité, la lumière et permet un contrôle de l’arrosage de façon à fournir à la plante un environnement stable. De cette façon, l’Artemisia est protéger des aléas climatiques comme le gel, le vent ou les précipitations excessives ce qui réduit son stress.

Ces conditions optimales permettent à la plante de mieux synthétiser l’artémisinine, son principe actif le plus prometteur. En effet, selon certaines études, les teneurs en artémisinine sous serre peuvent atteindre 1.0% à 1.5% alors qu’elles n’atteignent que 0.2% à 0.9% dans une culture plein champ

Ajouter à cela, ces conditions aident à la culture de la plante durant une période de l’année plus longue qu’à l’habitude dans les climats des zones tempérées comme en Suisse. L’Artemisia produit des effets positifs sur les plantes voisines par ses effets phytotoxiques qui les protègent des prédateurs et des parasites.

Plusieurs études suisses et internationales ont constaté les bienfaits du contrôle environnemental pour la qualité de la culture de l’Artemisia ainsi que pour la stabilité dans sa production d’artémisinine c’est pourquoi il ne fait aucun doute que la culture sous serre de cette plante est des plus bénéfiques pour son développement.

Conclusion

Ainsi la culture sous serre de l’Artemisia annua est une méthode de culture optimale, particulièrement dans les régions comme la Suisse qui se situe dans les zones tempérées. Cette méthode permet à la plante de produire une meilleure teneur d’artémisinine et de contrôler l’environnement de la plante ce qui permet aux cultivateurs d’avoir un plante possédant des propriétés constantes et maximales.

Notes &
références

Artemisia annua et COVID-19 : état des recherches sur son efficacité

Les recherches pour la lutte contre le virus COVID-19 à l’aide de l’Artemisia annua sont prometteuses et se poursuivent depuis la fin de la pandémie.

Depuis le début de la pandémie de COVID-19, la recherche scientifique s’est intensifiée pour trouver des traitements efficaces contre le virus SARS-CoV-2. Parmi les pistes explorées, l’Artemisia annua, une plante utilisée traditionnellement dans la médecine chinoise et connue pour son action contre le paludisme, a suscité un vif intérêt. Plusieurs études précliniques et essais cliniques ont été menés pour évaluer son potentiel antiviral contre le COVID-19. L‘Artemisia a montré des résultats encourageants dans la lutte contre le SARS-CoV-2. Plusieurs études scientifiques suggèrent que ses composés actifs pourraient jouer un rôle clé dans l’inhibition du virus et le renforcement de la réponse immunitaire.

L’Artemisia annua, une plante aux multiples vertus antivirales

L’Artemisia annua contient de l’artémisinine, un composé aux propriétés antipaludéennes bien documentées, mais aussi en flavonoïdes et autres molécules aux propriétés antivirales et anti-inflammatoires. Des recherches in vitro ont suggéré que des extraits de cette plante pourraient inhiber la réplication du SARS-CoV-2.

Une étude publiée dans Scientific Reports (2020) a montré que des extraits d’Artemisia annua réduisaient la réplication du virus en culture cellulaire. D’autres travaux, notamment ceux de l’Institut Max Planck en Allemagne, ont indiqué que l’artémisinine et ses dérivés pourraient interférer avec les protéases virales, essentielles à la multiplication du virus.

Preuves scientifiques de son action contre le COVID-19

Plusieurs études ont démontré le potentiel de l’Artemisia annua contre le SARS-CoV-2 :

  • Une étude in vitro menée à l’Université de Columbia a montré que certains composés de la plante agissent en synergie pour affaiblir le virus, renforçant l’idée d’un effet antiviral direct.
  • Une étude publiée dans Scientific Reports (2020) a confirmé que des extraits d’Artemisia annua inhibent la réplication du virus en culture cellulaire, réduisant sa capacité à infecter les cellules humaines.
  • Des chercheurs de l’Institut Max Planck (Allemagne) ont observé que l’artémisinine et ses dérivés interfèrent avec les protéases virales, des enzymes essentielles à la multiplication du virus.

Essais cliniques et observations encourageantes

Bien que davantage d’études cliniques soient nécessaires, certaines observations et essais préliminaires soutiennent l’efficacité de l’Artemisia annua :

  • À Madagascar, le remède à base d’Artemisia (COVID-Organics) a été largement utilisé avec des retours positifs sur la réduction des symptômes et une récupération plus rapide chez certains patients.
  • En Afrique, où des infusions d’Artemisia ont été employées en prévention et en traitement précoce, plusieurs médecins ont rapporté une diminution des cas graves dans des populations exposées.
  • Une étude pilote en Allemagne a suggéré que l’artémisinine pourrait réduire l’inflammation pulmonaire liée au COVID-19, ce qui en fait un candidat intéressant pour limiter les complications.

Mécanismes d’action : comment l’Artemisia annua pourrait combattre le virus

Les chercheurs explorent plusieurs pistes pour expliquer l’effet bénéfique de l’Artemisia annua :

  • Inhibition de la réplication virale (blocage des protéases et de la polymérase du virus).
  • Modulation de la réponse immunitaire, réduisant le risque de tempête cytokinique.
  • Action anti-inflammatoire, limitant les dommages pulmonaires.

Les propriétés antivirales, virucides et antioxydantes d’Artemisia annua

Une étude publiée dans Biomedicine & Pharmacotherapy en 2023 a abouti à des résultats prometteurs sur les propriétés antivirales, virucides et antioxydantes de la plante d’Artemisia annua :

  • L’extrait brut de la plante a démontré des effets antivirales, virucides et antioxydantes sur les cellules.
  • Trois composés actifs ont été identifiés comme agents antiviraux : la scopolétine, l’artéannuine B et l’acide artémisinique.
  • Le mécanisme d’action contre le SARS-CoV-2 a montré que l’inhibition de l’infection virale prend origine dans la synergie des protéines actives de la plante contre la protéine Spike et la protéase 3CLpro en interférant avec les voies d’entrée et de réplication du virus.

Perspectives et recherches en cours

De nouvelles études sont en cours pour évaluer l’efficacité optimale de l’Artemisia annua, notamment :

  • Des essais cliniques randomisés pour confirmer son impact sur la charge virale et la durée des symptômes.
  • L’exploration de combinaisons thérapeutiques, comme l’association avec d’autres antiviraux naturels ou synthétiques.
  • L’optimisation des extraits pour maximiser leur concentration en principes actifs.

Conclusion : une solution naturelle à ne pas négliger

Les preuves scientifiques actuelles, bien que préliminaires, suggèrent que l’Artemisia annua pourrait être un allié précieux dans la lutte contre le COVID-19, notamment en traitement complémentaire ou préventif. Alors que la recherche progresse, cette plante offre une lueur d’espoir dans la quête de solutions accessibles et efficaces contre les infections virales.

 

Notes &
références

  • Académie nationale de médecine (France). « Avis sur l’utilisation d’Artemisia annua et du « Covid-Organics » dans la lutte contre la COVID-19 ». Paris (France), Académie nationale de médecine, 2020.
  • Baggieri, M., et al. (2023). Antiviral, virucidal and antioxidant properties of Artemisia annua against SARS-CoV-2. Biomedicine & Pharmacotherapy, *168*, 115682. DOI: 10.1016/j.biopha.2023.115682
  • Institut Malgache de Recherches Appliquées (IMRA). Covid-Organics : remise à la nation et lancement officiel. Antananarivo (Madagascar), IMRA / Présidence de la République de Madagascar, avril 2020.
  • Max-Planck-Gesellschaft (Institut Max Planck). Artemisia annua to be tested against coronavirus. Potsdam (Allemagne), Max-Planck-Gesellschaft – Communiqué de presse, 7 avril 2020.
  • Organisation mondiale de la santé (OMS) – Bureau régional pour l’Afrique. « Mise en garde concernant l’utilisation de l’Artemisia annua contre la COVID-19 ». Brazzaville (Congo), OMS/AFRO, 2020.
  • Zhou, Yuyong, Kerry Gilmore, Santseharay Ramirez, Eva Settels, Karen A. Gammeltoft, Long V. Pham, Ulrik Fahnøe, et al. « In Vitro Efficacy of Artemisinin-Based Treatments against SARS-CoV-2 ». Scientific Reports 11, no. 1 (2021).

Tu Youyou : parcours et découverte de l’artémisinine

La chercheuse chinoise Tu Youyou est mondialement connue par sa découverte du principe actif de l’Artemisia annua, l’artémisinine, pour laquelle elle s’est vue consacré un prix Nobel.

Tu Youyou est une pharmacologue et chercheuse originaire de la région du Zheijang en Chine. Elle a fait la découverte de l’artémisinine, principe actif majeur contenu dans la plante d’Artemisia annua. Cette découverte a révolutionné le traitement du paludisme. Pour cette découverte, Tu Youyou se verra décerné le prix Nobel de physiologie ou médecine en 2015. Ce sera la douzième femme à se voir décerner ce prix mais aussi la première Chinoise. Elle partage son prix avec les scientifiques William C. Campbell et Satoshi Omura qui ont fait des recherches sur les maladies parasitaires.

Formation et débuts de carrière

Tu Youyou voit le jour à Ningbo en Chine. Elle obtient son diplôme de pharmacie de l’Université de médecine de Pékin en 1955 puis étudie par la suite la médecine traditionnelle chinoise. Cette formation diversifier lui permettra de mêler des savoirs anciens et traditionnels à des méthodes de la médecine moderne à l’Académie de médecine traditionnelle chinoise, lieu où elle passera la majeure partie de sa carrière.

«Projet 523» et quête d’un remède contre le paludisme

Dans les années 60, la Guerre du Vietnam fait rage et le paludisme fait des ravages parmi les soldats en Asie du Sud-Est. Le gouvernement choinois va alors lancer un vaste programme de recherche nommé «Projet 523». Son but : trouver un traitement efficace contre le paludisme. Tu Youyou est alors désigner pour être à la tête d’une équipe de chercheurs qui vont explorer de nombreux remèdes issus de la pharmacopée traditionnelle chinoise. 

Les recherches vont porter sur pas moins de 2000 recettes traditionnelles et plus de 600 plantes médicinales. Mais c’est un texte ancien du IVe siècle qui va lui mettre la puce à l’oreille. L’auteur, Ge Hong (ou Zhichuan), un homme de Lettres sous la dynastie Jin, recommande dans un traité médical l’extraction à froid de l’Artemisia annua pour le traitement des fièvres. Suite à de nombreux essais, l’équipe de chercheur parvient à isoler l’artémisinine en 1972. Cette molécule démontrera une efficacité sans commune mesure contre le parasite du paludisme lors d’expériences sur des animaux puis sur des hommes.

Influence médicale et reconnaissance scientifique

On trouve désormais l’artémisinine à la base de nombreux traitements recommandés par l’OMS dans la lutte contre le paludisme. Chaque année, des millions de personnes sont épargnés d’une mort certaine en particulier dans les pays tropicaux. La consécration de Tu Youyou du prix Nobel de médecine en 2015 ne consacre pas seulement sa découverte de la molécule mais aussi les apports de la médecine traditionnelle chinoise à la médecine occidentale moderne.

«Les lauréats du prix Nobel cette année ont développé des thérapies qui ont révolutionné le traitement de certaines des maladies parasitaires les plus dévastatrices, a souligné le comité Nobel.»

Héritage scientifique et spécificité

Tu Youyou est la première scientifique chinoise à se voir décerner le prix Nobel de médecine. La combinaison dans sa recherche entre méthode et savoir traditionnel avec la science moderne en fait une chercheuse d’exception au parcours exemplaire. Elle a su persévérer dans un contexte scientifique et politique difficile ce qui a fini par ouvrir la voie vers de nouvelles approches dans la recherche de médicaments issus des plantes. Elle a aussi montré l’importance de revisiter les savoirs anciens en appliquant les méthodes de la science moderne dans le but de trouver de nouveaux traitements.

Conclusion

L’artémisinine est la découverte majeure de la chercheuse Tu Youyou qui a permis de traiter des millions de personnes du paludisme et sauver tout autant de vies. Son prix Nobel a mis en avant des méthodes et une vision qui allait à contre-courant des méthodes de la science moderne qui ignore souvent les traitements et les savoirs anciens pour se consacrer uniquement aux techniques nouvelles. Elle a dès lors su montrer la symbiose qui pouvait exister entre science médicale moderne et traditions médicales anciennes.

Notes &
références

Recherche sur de nouveaux usages thérapeutiques de l'Artemisia annua

La recherche scientifique de l’Artemisia annua sur des usages thérapeutiques contre des cancers, des maladies infectieuses et d’autres affections ont montré des résultats encourageant.

L’Artemisia annua est traditionnellement réputée pour son efficacité dans la lutte contre le paludisme grâce notamment aux molécules d’artémisinine qu’elle contient. De nombreuses recherches ont récemment exploré son potentiel dans la lutte contre d’autres affections notamment les maladies infectieuses, les cancers ou d’autes pathologies majeures.

Activité antivirale et lutte contre la Covid-19

L’Artemisia annua fait l’objet de nombreuses études qui ont démontré son efficacité antivirale notamment contre le virus SARS-CoV-2.

En République démocratique du Congo, des essais cliniques ont testé l’efficacité de la plante contre le virus du Covid-19. Ceux-ci ont constaté qu’un des principes actifs de la plante, l’artéannuine B, permettait d’inhiber des enzymes virales et de moduler la réponse inflammatoire du système immunitaire des patients.

Bien que les résultats cliniques soient prometteurs, les agences de santé ont pointé le manque de preuves cliniques robustes. Dès lors, la recherche nécessite des essais supplémentaires pour confirmer ou infirmer l’efficacité des conclusions de l’étude congolaise.

Potentiel anticancéreux

L’Artemisia annua montre des effets et des propriétés cytotoxiques contre les cancers du glioblastome, du sein et du poumon. Les principes actifs clés identifiés par des études à ce sujet sont l’artémisinine et l’artéannuine B. Ce dernier cible des protéases surexprimées notamment dans les tumeurs cérébrales ce qui ouvre la voie à des traitements ciblés contre des cancers difficiles à soigner.

Les recherches restent malheureusement au stade expérimental, soit in vitro, soit sur des animaux, ce qui ne permet pas de confirmer l’efficacité de ces traitements sur l’homme in vivo. Des travaux sont en cours pour améliorer l’administration et permettre une meilleure biodisponibilité de ces composants chez l’humain.

Activité antibactérienne et antiparasitaire

L’Artemisia annua connaît une efficacité contre plusieurs bactéries pathogènes résistantes, notamment le Staphylococcus aureus ou encore le Escherichia coli. Des études in vitro ont démontré une potentiel synergie de la plante avec des antibiotiques traditionnels.

Aussi bien l’artémisinine que plusieurs de ses dérivés ont démontré une activité dans la lutte contre des parasites non paludiques comme Leishmania spp., Trypanosoma spp. et Toxoplasma gondii. Plusieurs essais précliniques sont actuellement en cours mais le manque de financement n’a pas encore permis d’effectuer des études cliniques à large échelle sur les humains jusqu’à maintenant. Il reste donc encore à évaluer la toxicité et la biodisponibilité de cet usage sur l’homme.

Conclusion

Les études tendent à montrer que l’Artemisia annua dépasse largement son stade traditionnel de plante antipaludique. Elle a un potentiel prometteur dans la lutte contre les virus comme le SARS-CoV2, contre les cancers ou encore les bactéries dans un large spectre. Les principes actifs clés identifiés par ces études sont aussi bien l’artéannuine B que l’artémisinine et ses dérivés avec des mécanisme d’action variés (inhibition entymatique, cytotoxicité, modulation inflammatoire). Le manque de financement laisse souvent ces études au stade préclinique et une meilleure intégration de l’Artemisia annua ne pourra se faire qu’avec des recherches plus approfondies et des collaborations internationales.

Notes &
références

  • Efferth, T. (2017). From ancient herb to modern drug: Artemisia annua and artemisinin for cancer therapy. Seminars in Cancer Biology, 46, 65-83.

  • Gendrot, M., et al. (2020). Artemisia annua and its antiviral activity against SARS-CoV-2: A review of the literature. Journal of Herbal Medicine, 24, 100395.

  • Septembre-Malaterre, A., et al. (2020). Artemisia annua, a traditional plant brought to light for the treatment of COVID-19: Current state of evidence. Phytotherapy Research, 34(11), 2766-2775.

  • Nie, C., et al. (2021). Artéannuine B, a natural compound from Artemisia annua, inhibits SARS-CoV-2 main protease and viral replication. Journal of Natural Products, 84(8), 2145-2155.

  • Singh, N. P., & Lai, H. C. (2012). Artemisinin induces apoptosis in human cancer cells. Anticancer Research, 32(7), 2385-2390.

  • Golenser, J., et al. (2006). The antiparasitic activity of artemisinin and its derivatives. Current Drug Targets, 7(8), 937-948.

  • Mouton, J., et al. (2021). Antibacterial activity of Artemisia annua extracts against multidrug-resistant bacteria. Journal of Ethnopharmacology, 273, 113996.

  • World Health Organization. (2022). Guidelines for malaria – Artemisinin therapy and beyond. WHO Press, Geneva.