Artemisia Annua

Fumigation de l’Artemisia annua dans la lutte contre le moustique tigre dans l’histoire

Cet article aborde la thématique de l’usage de l’Artemisia annua dans la lutte contre les invasions de moustiques dans les textes de la Chine ancienne

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Cet article aborde la thématique de l’usage de l’Artemisia annua dans la lutte contre les invasions de moustiques dans les textes de la Chine ancienne

La fumigation de l’Artemisia annua dans la lutte contre les moustiques : une page méconnue de la Chine antique

L’Artemisia annua est plus connu à notre époque pour son composé majeur, l’artémisinine. Il est moins connu pour l’usage qui en était fait dans la Chine ancienne comme répulsif contre les invasions de moustiques. L’usage de la plante jetée dans un feu dans le but d’en tirer une fumée repoussant les moustiques est attesté de nombreux traités anciens. Ceux-ci attestent des pratiques et des traditions médicinales dans l’usage de l’Artemisia dans l’histoire de la Chine. Ces pratiques ont disparu avec l’arrivée des moyens modernes de lutte contre les moustiques et en a fait une pratique aujourd’hui méconnu de l’histoire de la plante dans la Chine ancienne.

« Brûler l’armoise »,  « arracher l’hao »

Les sources historiques qui mentionnent directement le qinghao (nom chinois de l’Artemisia annua) sont éparses et la plante est souvent confondu avec le genre Artemisia dans son ensemble. Toutefois, il existe des sources concernant l’usage de la plante comme produit de fumigation, notamment par les savants chinois. Le poète Song Lu You (1125-1210) dans son ouvrage Fumigation contre les moustiques, à la manière de M. Wanling écrit : « Le pays des marais est certes plein de moustiques, pullulant la nuit au point d’en être étrange. Les chasser des mains ne les éloigne ni ne les repousse ; faire fumer l’Artemisia procure un bref soulagement. » Cet extrait dépeint une scène de la vie quotidienne qui souligne l’usage de la plante en combustion dans le but de chasser les moustiques.

Une autre description de cet usage nous est parvenu par le biais de Fang Xiaoru (1357-1402), savant de la dynastie Ming qui dans son ouvrage Dialogue avec les moustiques décrit une scène dans laquelle « un serviteur arrache de l’hao (l’Artemisia), le lie en fagot, y met le feu à une extrémité ; sa fumée monte dru ; il l’agite à gauche et à droite, en fait le tour du lit plusieurs fois, et chasse les moustiques hors de la porte. » Ainsi, de nombreux savants chinois recommandaient d’user de la plante et de sa fumée pour repousser et lutter contre les moustiques.

Nous pouvons également découvrir que des prototypes de moustiquaires chimiques avaient été confectionnées par les Chinois dans au Moyen-âge et dans l’Antiquité. Des traités décrivent la façon de tresser des plants d’Artemisia pour ensuite les suspendre à des poutres sur lesquelles on brûlait les plantes avec l’arrivée de l’été et des invasions de moustiques. Ces récits témoigne de ce type d’usage de l’Artemisia dans la Chine ancienne.

La littérature académique contemporaine

Dans la littérature académique actuelle, on trouve un chapitre d’un ouvrage sur l’histoire de l’Artemisia et de la médecine chinoise. Ce chapitre démontre l’usage de la plante comme combustible pour les fumigations dans le but de lutter contre les invasions de moustiques. Il explique d’ailleurs par la suite que cette tradition va peu à peu disparaître avec l’apparition de moyen de lutte plus moderne liée à la 2e révolution industrielle, soit notamment la révolution chimique. En effet l’ouvrage énonce que « les feuilles d’Artemisia annua étaient brûlées dans la Chine ancienne comme insecticide fumigène pour tuer les moustiques, mais cette pratique n’a plus cours aujourd’hui, car des dispositifs anti-moustiques plus efficaces ont été développés et commercialisés. » Nous pouvons noter ici que c’est uniquement l’évolution de la technique qui a entraîné la disparition de l’usage de la plante comme répulsif et que ce n’est en aucun cas le rejet d’une méthode ancienne.

La fumigation dans le contexte des pratiques anciennes

La fumigation de l’Artemisia comme répulsif contre les insectes n’est pas une pratique isolée. Depuis l’Antiquité, les Chinois ont utilisé des plantes comme moyen de fumigation dans le but de repousser les insectes. Certains savants recommandaient d’ailleurs de mélanger plusieurs plante dans des préparations pour augmenter l’efficacité de ces répulsifs. Ainsi, Pu Songling dans son Chant pour chasser les moustiques recommande de mélanger plusieurs herbes notamment l’atractyle, le jing et le chardon.

L’idée principal derrière ces pratiques étaient que les moustiques craignent la fumée et certaines odeurs. La fumée épaisse des fumigations ainsi que les parfums qui s’en émettent éloignaient les moustiques des habitats.

Selon les croyances philosophiques et religieuses chinoises, notamment en lien avec le confucianisme, la lutte contre les insectes devaient se limiter à repousser les nuisibles et non à leur nuire ou à les tuer. En effet, selon ces croyances, l’harmonie d’avec la nature était une valeur essentiel et le respect de cette nature se définissait selon la tradition comme une «coexistence entre les êtres»

Notes &
références

Sources primaires

  • Fang, Xiaoru 方孝孺. « Wen dui » 蚊對 [Dialogue avec les moustiques]. In Xunzhi Zhai Ji 遜志齋集. Édition de la Bibliothèque libre de Wikisource. https://zh.wikisource.org/wiki/蚊對 (consulté le 28 octobre 2026).

  • Lu, You 陸游. « Xun wen xiao Wanling xiansheng ti » 熏蚊效宛陵先生体 [Fumigation contre les moustiques, à la manière de M. Wanling]. Cité dans Renmin Ribao (édition overseas), 21 septembre 2016, et dans Baike Baidu, notice « 熏蚊效宛陵先生体 ». http://paper.people.com.cn/rmzk/html/2016-09/21/content_1716000.htm (consulté le 28 octobre 2026) ; https://baike.baidu.com/item/熏蚊效宛陵先生体 (consulté le 28 octobre 2026).

  • Pu, Songling 蒲松龄. « Qu wen ge » 驱蚊歌 [Chant pour chasser les moustiques]. Cité dans Renmin Wang – Culture, 8 août 2013. http://culture.people.com.cn/n/2013/0808/c172318-22493545.html (consulté le 28 octobre 2026).

    Sources secondaires

  • Yu, Hongwen, et Shouming Zhong. « Artemisia Species in Traditional Chinese Medicine and the Discovery of Artemisinin ». In Artemisia, édité par Colin W. Wright, 2e éd. Londres : Taylor & Francis, 2001. https://doi.org/10.1201/9780203303061-16 (consulté le 28 octobre 2026).

  • Renmin Ribao (édition overseas). « Gudai qufu zhong de « quwen shu » » 古代曲赋中的“驱蚊术” [Les techniques anti-moustiques dans les poèmes et récits anciens]. 21 septembre 2016. http://paper.people.com.cn/rmzk/html/2016-09/21/content_1716000.htm (consulté le 28 octobre 2026).

  • Baike Baidu. « Wen yan » 蚊烟 [Fumée anti-moustiques]. https://baike.baidu.com/item/蚊烟/6583987 (consultée le 28 octobre 2026).

  • Baike Baidu. « Da wen yan » 打蚊烟 [Fabriquer de la fumée anti-moustiques]. https://baike.baidu.com/item/打蚊烟/53287950 (consultée le 28 octobre 2026).

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